Chartreuse du Glandier

La chartreuse du GlandierLa chartreuse Notre-Dame du Glandier fut fondée le 10 novembre, veille de la Saint-Martin en l’an 1219 sous le règne de Philippe-Auguste et le pontificat de Grégoire IX par Archambaud VII Vicomte de Comborn.

Archambaud VI, fit don du château du Glandier, terre seigneuriale avec droit de justice, « pour salut de son âme et de celle de ses ancestres » disait le chartre de fondation.

Pour la légende, ce fut en expiation d’un grand crime. D’après le chartreux rédacteur du Galendarium, manuscrit du Glandier, manuscrit de 1863, Archambaud VI aurait tué un religieux de l’abbaye de TULLE qui s’opposait à l’élection comme abbé de l’un de ses neveux, en 1210. Et sur l’ordre du Pape, Archambaud VI, repentant, aurait décidé de fonder la Chartreuse afin d’expier son crime de la façon la plus éclatante.

Le plan fut celui de toutes les chartreuses, au Centre, se dressait l’église avec à ses datés de l’église, le grand cloître reliait les cellules, au nombre de douze initialement. Cet ensemble du monastère constituait la Maison Haute.
La Maison Basse, demeure des frères convers, fut bâtie à la grange qui portait alors le nom de Grange des Frères avec une église dédiée à Saint-Roch. Le sceau du Glandier comportait les armes du Vicomté de Comborn d’or à deux léopards de gueules.

La Chartreuse se développa progressivement, grands et petits seigneurs, bourgeois et paysans firent des dons, pour accroître la fondation. Ces chrétiens d’alors aimaient à considérer les religieux comme les régisseurs de leurs interdits spirituels.
La guerre de Cent Ans, notamment entre 1334 et 1349, puis après 1355, fit des ravages en Limousin. En 1408, la Chartreuse fut saccagée, pillée, ruinée. Le monastère fut reconstruit et devint plus célèbre que jamais au XVème siècle. Les Comborn, jusqu’au dernier des leurs, en 1513, se montrèrent très généreux. Antoine de Pompadour hérita des biens et les seigneurs de Pompadour devinrent les bienfaiteurs de la Chartreuse.
Durant les guerres de Religion, entre 1547 et 1570, le Glandier fut plusieurs fois pillé et à demi ruiné. Les pères durent même le quitter pour se réfugier à Pompadour.
Au début du XVIIe siècle, commença une période de paix et de sécurité jusqu’à la Révolution. Avec l’aide des vicomtes de Pompadour ce fut une seconde fondation. La surface de construction fut agrandie selon le plan resté tel que jusqu’à nos jours.
La Chartreuse, dans sa simplicité, connut un état prospère du point de vue matériel mais subordonné aux intérêts spirituels des religieux. Le rayonnement du monastère sur la région, les qualités reconnues des moines et de leurs prieurs, semblaient témoigner de leurs richesses spirituelles. La Révolution frappa à mort le Glandier. Les biens furent confisqués, les maisons pillées, les domaines mis en vente et les frères chassés. Le doyen d’âge des religieux put rester comme gardien de la Chartreuse, devenue propriété de l’état, mais ne put empêcher les vols et pillages, et il dut se réfugier à Beyssac où il fut enterré.
C’est en 1817 que Jean-Baptiste POUCH LA FARGE, juge de paix à Vigeois, acheta ce qui restait du Glandier. Son fils chercha à en tirer parti en créant une Forge. Ce maître de forge fit le mariage que l’on sait avec Marie Fortunée Capelle en Août 1839. Après la mort tragique de Lafarge, le 13 janvier suivant, sa femme accusée de l’avoir empoisonné à l’arsenic fut arrêtée.
Madame Lafarge fut condamnée aux travaux forcés à. perpétuité. Mais Louis Napoléon accorde, 11 ans plus tard, la grâce à Madame LAFARGE qui mourut peu après de la tuberculose en 1852. Elle est enterrée à ORNOLAC par Ussac-les-Bains (Ariège).

Les Chartreux achetèrent, par contrat signé le 1er mai 1860, les restes du Glandier et en 1869 ils relevèrent la maison de ses ruines. Sur les fondations de l’ancienne, la nouvelle Chartreuse fut élevée telle que nous l’avons actuellement

Pratiquant une règle austère, une vie à la fois solitaire et communautaire, les Chartreux refirent du Glandier un lieu de  silence et de prière, mais ils furent à nouveau obligés de le quitter en 1904.

Les bâtiment et les installations ont été versés par l’état à des particuliers. Après avoir abrité des enfants belges pendant la première guerre mondiale, puis servi à la Mutuelle des Gaziers de France le Glandier fut acheté par la Préfecture de la Seine en 1920.

Le Glandier devint alors un sanatorium puis un préventorium pour enfants du département de la Seine. En 1965, le recrutement des enfants atteints de primo-infection devint difficile. Il fut alors décidé de convertir de préventorium en Centre Psychothérapique pour enfants  semi-éducables. Le 5 janvier 1966 un premier groupe d’enfants était accueilli au Glandier.
Et en 1968, la conversion était terminée. Le Centre héberge maintenant environ 200 adultes.

La ville de Paris est toujours  propriétaire du Glandier malgré un changement de statut, celui ci a été érigé en établissement public départemental autonome au 1er janvier 2005

Le Glandier aujourd’hui

Photos : Danielle Dargacha-Sable

11 commentaires

  1. Jacqueline saffrey
    Publié le 3 avril 2010 à 21 h 00 min | Permalien

    J’ai fait un séjour au préventorium du Glandier, à la mort de mon père (tuberculose) en 1936.J’avais 6 ans. Je crois me souvenir encore de l’emplacement de la maison familiale dans laquelle j’ai été accueillie. Mon lit était à l’étage. Je me vois descendre un petit escalier qui tournait, dans les bras d’une gentille femme qui riait et moi chantant à tue-tête car je retournais chez ma maman.En fait, arrivée chez moi, la maison était en désordre, je n’avais pas vraiment un coin à moi, et j’ai ressenti un sentiment d’angoisse et de solitude que je n’ai pas oublié. Je ne sais pas combien de temps je suis restée au Glandier,qq. mois… mais je crois m’y être sentie en sécurité. Je me souviens aussi d’un documentaire sur les égoûts de Paris qu’on nous avait passé et qui m’a angoissé pendant longtemps à cause de la musique qui l’accompagnait.Je n’en sais plus le titre mais je l’ai gardée en mémoire. Je me souviens de grandes rondes et de promenades sur la colline. Non ça n’était pas un bagne et j’ai peut-être eu là plus de confort et d’attention que je n’en ai eu par la suite. A cette époque.
    Merci de votre site et vive Internet, car je peux maintenant situer ce « préventorium du Glandier » !

  2. Jacquemard
    Publié le 20 avril 2010 à 12 h 20 min | Permalien

    Aujourd’hui, j’ai été amenée à parler de la Chartreuse du Glandier, plutôt au séjour passé au préventorium alors que j’avais 7 ans et demi. Beaucoup d’émotions sont alors remontées et j’ai eu envie de chercher sur Internet cet endroit qui avait longtemps marqué mon enfance. J’avais eu quelques échanges via un forum sur les souvenirs de ces 6 longs mois à soigner une « primo-infection ». J’ai eu envie d’y retourner plusieurs fois, mais n’ai jamais eu le courage de concrétiser ce voyage. D’autres l’ont fait pour moi. Les photos laissées par Danielle sont une invitation à marcher sur les traces du passé, malgré les mauvais souvenirs.Mais, il me semble que la page sera vraiment tournée que lorsque j’aurais réussi à revoir la Chartreuse du Glandier. Merci à Danielle et à André.

  3. DARGACHA-SABLE
    Publié le 2 août 2010 à 0 h 54 min | Permalien

    Je ne vous oublie pas ami(e)s du forum du Glandier. Aussi, n’hésitez pas à vous rendre en Corrèze afin de revoir cette magnifique Chartreuse. Elle a été si merveilleusement rénovée, modernisée et humanisée que rien du passé ne ressurgira. Bien au contraire, nous repartons de ce lieu : libérés, appaisés et heureux du changement. Vous y rencontrerez Alain qui est d’une grande gentillesse et d’une grande compétence tant sur l’histoire du Glandier que sur son rôle pédagogique. D’autres personnes sympathiques sont prêtes à vous recevoir pour vous guider à travers vos souvenirs.
    Bien amicalement à vous tous. DANIELLE

  4. morel
    Publié le 14 novembre 2010 à 18 h 12 min | Permalien

    C’est en écoutant l’emission de mireille DUMAS avec pour invité GERARD HOLTZ et en l’entendant parler de son enfance et du GLANDIER que j’ai eu envie de visiter votre site.J’ai moi même etait pensionnaire c’était en 1965 ou 1966 et je suis resté une année.Je suis revenu il y a quelques années mais je n’ai pas oser remonter ses fameuses marches de l’entrée principale trop de souvenirs.
    Il faudra que je me decide à revenir sur les traces de mon passe même si cela m’est difficile.

  5. chaboureau
    Publié le 23 janvier 2011 à 17 h 17 min | Permalien

    De l’été 1946 au printemps 1947 j’ai été pensionnaire au Glandier… j’avais un peu plus de 7 ans. Avant, J’avais connu d’autres internats. Mais je garde un très mauvais souvenir de ce lieu… du côté des filles, la galerie n’était pas chauffée et les carreaux étaient cassés or l’hiver a été rude ainsi que le personnel qui s’occupait de nous… la nourriture très passable… mon dortoir était installé dans une ancienne chapelle non chauffée où voletait des chauves-souris. On rêvait de « s’évader ».

  6. Publié le 10 février 2011 à 13 h 57 min | Permalien

    merci avant tout pour ces belles photos du glandier, comme beaucoup j’y ai fait un sejour de huit mois en 1960,je crois que le seul mauvais souvenir c’était …..la séparation des parents, pas voir Papa Maman ,quand on a huit ans c’est un peu dur!!!certes , il y avait quelque surveillant(e) un peu rustre envers des mômes mais vraiment ce n’etait pas une généralité Les personnes que je me rappelle sont la gentille Madame Bonnel qui etait institutrice avec son mari,et que l’on empêchait de dormir quand on avait décider de faire « la foire » la nuit !!! monsieur Karéma,lagorce,ce qui me ferai grand plaisir c’est aller faire un tour ,peut on visiter???? bien sur sans embêter personne?Revoir cet endroit qui m’a nullement traumatiser est une chose que je veut faire depuis des année et puis revoir la correze d’une autre façon doit etre bien agréable merci encore pour votre site!!!

  7. dubois henri
    Publié le 16 août 2011 à 7 h 34 min | Permalien

    C’est incroyable le mal à l’aise que je ressent en lisant les commentaires de tous ces enfants qui ont comme moi séjourné dans cet espèce de cloître.J’y suis séjourné également une année qui reste un traumatise et un souvenir à jamais gravé dans ma mémoires d’enfant et qui refuse dans repartir.Les envies d’y retourné sont pléthores…mais manque de courage et aussi de moyens.Bonjour à Mme Karéma qui à eu tant de bonté envers moi, et qui, comme Mlle Dumont ont sus me redonner en tant voulue le courage nécessaire pour surmonter cet envie d’évasion (d’ailleurs totalement impossible).C’est dans les années soixante que je me souviens de: Madeleine Caillat, Martine, Christian, de Marie-josé..Ahhh pour eux que j’ai connue, un grand merci.Réponse de ma part assurée, bien à vous, Henry…

  8. sudres
    Publié le 19 septembre 2011 à 12 h 03 min | Permalien

    j’y ai séjourné durant neuf mois , j’avais alors 8ans,8ans et demi ce devait être en 1957 ou 58 ;je me souviens de mon arrivée dans une petite gare ou j’ai débarqué arrivant de Compiègne ! 9 mois sans voir les parents ce fut trés dur au début mais au fil du temps on se fait une raison …que de souvenirs , médailles ruban bleu pour les bon éléves en classe et rouges pour ceux qui étaient trés sages ! les promenades au belvédére ,les chataignes ; les chambrées avec sieste obligatoire et bandeau sur les yeux ,le lazaret (mise en quarantaine ) l’huile de foie de morue , les lavages d’estomac , se sont des souvenirs indélibiles

  9. gras
    Publié le 21 septembre 2011 à 12 h 29 min | Permalien

    Bravo a sudres

    Dans mon premier message, je ne m’étais pas trop étendu sur mes souvenirs, mais quand on a parlé de médailles aux rubans bleus et rouges, du belvédère, huile de foie de morue que l’on nous donnait avant le petit déjeuner alors là beaucoup de choses me sont revenues !!!! bravo !!!

  10. DANIELLE
    Publié le 17 mai 2012 à 0 h 30 min | Permalien

    GRAS, SUDRE et HENRI,
    Effectivement il y avait l’horrible huile de foie de morue à ingurgiter le matin, l’obligation de manger le gras de jambon que les femmes essayait de m’enfonçait dans la gorge, et ces petites filles qu’elles déculottaient dans le réfectoire pour avoir osé parler durant le repas, les fesses à l’air elles devaient tourner afin que toutes les petites copines assistent à cette humiliation. Punition aussi durant toute la matinée dans la salle de cinéma, assises sur des chaises sans bouger, pour un murmure entendu durant le déjeuner. J’ai été enfermée sur la scène ( trou étroit et sale, réservé au souffleur) pour avoir bougé. Qui se souvient des affreux tubages, des coupes de cheveux à la garçonne. Oui heureusement il y avait le belvédère, là c’était génial.
    Ceux qui veulent revoir le Glandier, je vous invite à y aller, il est possible de le visiter et je peux vous dire que ce lieu est devenu très joli, les rénovations sont spectaculaires, j’ai posé des photos sur le site afin que vous puissiez revoir un morceau de votre enfance devenu plus doux. Ah, je me souviens d’une madame Bonnet, cette dame était gentille. D’être allée au Glandier en 2008, fait qu’ aujourd’hui, je suis apaisée, j’ai balayé les mauvais souvenirs pour ne retenir que ma dernière visite extraordinaire dans un lieu superbe. Contente de revenir un peu ici avec vous sur le site. Amicalement.

  11. Publié le 17 mai 2012 à 14 h 54 min | Permalien

    Je viens de lire votre message et c’est avec émotion que je de lire les sévices qui vous ont été faits il est vrai que ces «  »soignantes «  » avaient la patte leste et le geste viril
    le tubage ,cela je m en souviens très bien, lhuile de foie de morue avant le déjeuner aussi, j’avais trouvé une parade a ce supplice ,comme elles nous le donnait juste au moment de déjeuner je le gardais en bouche et je prenais tout de suite la confiture que l’on avait le matin au dejeuner bah!!!!mais je dois dire que personnellement je n’ai pas été puni de cette sorte , et je ne met pas votre parole en doute loin de là car j’en ai vu qui se prenais des claques ,et quelles claques sur la tronche ,il est vrai que c’était une autre époque, et que l’on s’attendait de la part de dame de retrouver un peu de tendresse ,je dis bien un peu mais la s’est vrai ,cela n’existait pas

    amicalement Jacques Gras

Ecrire un commentaire

Votre courriel ne sera jamais publié ou partagé. Les champ obligatoires sont marqués *

*
*

Comments links could be nofollow free.