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ORGNAC-SUR-VEZERE
Belle découverte par les
restaurateurs du patrimoine dans la petite église.
LE RETABLE MASQUAIT DE
RARES PEINTURES
En déménageant le
retable en bois de l’église d’Orgnac pour le restaurer, des peintures
exceptionnelles ont été mises à jour.
Vestiges d’un passé dont on
ignore à quel point il peut être riche, les églises cachent souvent de vieux
secrets. Celle d'Orgnac-sur-Vézère, petite commune de 304 habitants, située
entre Vigeois et Objat, en cachait un de belle facture. Il vient d'être mis
à jour à la faveur de la restauration d'un retable en bois.
Ce retable, long de 4,80
mètres et large de 4,10 mètres, masquait, depuis plusieurs lustres, une baie
bouchée et surtout un décor peint du plus haut intérêt. C'est un des
restaurateurs du patrimoine, Louis Sezer, qui a mis ces peintures au jour et
dont tout le monde ignorait l'existence.
Selon les spécialistes, ces
peintures sont rarissimes en Corrèze. Egalement restauratrice du patrimoine,
Martine Rieg voit dans ces peintures deux époques lisibles :à proximité
immédiate de la baie, des peintures médiévales à motifs végétaux datant du
XIIIe et XIVe siècles. De chaque côté de la baie, des peintures remontant
aux XVIIe et XVIIIe siècles. De part et d'autre, elles représentent des
motifs semblables mais pas identiques.
L'ensemble est surmonté
d'un ange avec ses ailes et qui pointe son bras gauche vers le ciel. Il
porte une écharpe qui lui passe derrière la tête et va s'accrocher à des
anneaux. Dessous, on découvre un vase précieux chargé de fruits, sans doute
des pommes et des raisins, à portée de bec de deux oiseaux. Légèrement plus
bas, voici une niche en état très moyen. A son haut on distingue une
coquille St-Jacques. A ses côtés, diverses volutes et à son bas une frise
néo-classique. Au dessous de la niche, un énorme médaillon peint avec des
lettres en partie effacées. A l’intérieur, et épousant la conférence du
médaillon, on peut y lire clairement : Maria Gratia Plena», ce qui veut dire
«Ave Maria pleine de grâce ». On croit deviner que la prière se poursuit par
3 autres mots qui pourraient être : «Dominus Tecum Bedicta ». Les peintures
sont ocre-jaune ou ocre-rouge. Les plus récentes ont été exécutées sur un
enduit très léger recouvrant à peine la pierre mais qui a défié les siècles.
Après cette découverte;
l'atelier Louis Sezer va s'employer à nettoyer encore les peintures avant de
procéder à leur fixation à l'aide d'un produit spécial. Ainsi les peintures
seront-elles sauvées. Elles resteront sans doute visibles du grand public
lorsque les travaux seront terminés. On imagine mal, en effet, que le
Conseil municipal de la commune d'Orgnac décide de les cacher à nouveau par
le retable en bois auquel on trouvera sûrement une autre place.
(Article du journal "La
Montagne" 12/03/06 - Serge Boyer)
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